représentations des morts de Vérin:
La proportion de chasseurs à pied et alpins est importante (30% des noms du monument et 35% des "morts pour la France"), ils sont repérables par le célèbre béret large.
Pour montrer la variété des coiffes, j'ai représenté le n°3 portant le bonnet de police et le n°6 avec le casque Adrian, tous deux décorés du cor de chasse, le symbole des chasseurs*.
Attention ne n°5 est en réalité un fantassin de l'infanterie alpine. Il appartient à un régiment destiné à opérer dans les vallées des régions montagneuses et les premiers contreforts (alors que les chasseurs évoluent plus haut).
Des chasseurs, il ne porte que le béret et la canne, le pantalon est rouge comme pour les cinq autres vérinois en képi.
En réalité 18 noms sont gravés sur le territoire: les 16 du monuments, plus un à l'église et un 18ème au cimetière.
Malheureusement, à ce jour, un nom du monument reste une énigme, je l'ai remplacé par le soldat dont le nom est rajouté à l'église.
Le 18ème, celui gravé au cimetière est un fantassin tué aux Dardanelles.
* un cor de chasse sur la manche gauche désigne un soldat ayant obtenu de bons scores lors des exercices de tir. Dans ce cas là il ne s'agit pas nécessairement d'un chasseur, nous avons retrouvé cette distinction sur des photos de zouaves et de fantassins.
organisation du devoir de mémoire et des événements culturels dans le cadre du centenaire de la première guerre mondiale. Recherches historiques sur les soldats de Vérin avec édition d'un livre et expositions.
samedi 16 novembre 2013
mercredi 30 octobre 2013
dimanche 27 octobre 2013
collecte de documents originaux
A ce jour, nous avons déjà une riche documentation fournie par les habituées de la bibliothèque: Correspondances, poèmes, carnet d'écolière, carnet de guerre et de chansons, revues d'époque, etc.
Toutefois, tous les nouveaux documents seront étudiés et intégrés à l'exposition. N'hésitez par à farfouiller dans vos vieilles malles.
Du 9 au 16 novembre, la mission centenaire organise également sa ''grande collecte" au niveau national. Pour la Loire, ce sont les archives départementales qui collectent et scannent tous les document originaux qui lui seront prêtés.
Toutefois, tous les nouveaux documents seront étudiés et intégrés à l'exposition. N'hésitez par à farfouiller dans vos vieilles malles.
Du 9 au 16 novembre, la mission centenaire organise également sa ''grande collecte" au niveau national. Pour la Loire, ce sont les archives départementales qui collectent et scannent tous les document originaux qui lui seront prêtés.
samedi 26 octobre 2013
carnet du caporal Marius B.
Entre deux envolées lyriques, Marius prend souvent un ton un peu
ironique. Dans l'extrait suivant il rencontre le capitaine d'un autre
bataillon lors d'une patrouille de reconnaissance qu'il mène à la tête
de son escouade.
retranscrit avec ponctuation et texte non corrigés.
"6 septembre 1914
(...)
D'où êtes vous reprit-il, de l'Isère lui dis-je.
Vous me paraissez très intelligent de l'Isère de l'Isère cela ne m'étonne plus ils le sont à peu près tous. Tous mes compliments vous pouvez disposer.
Enivré par ces propos flatteurs je me sentais plus léger et descendais d'une allure vive."
(*il était originaire de Monsteroux-Milieu)
Marius n'est pas un sous officier de carrière, il parle de l'aspect militaire mais c'est plutôt le récit du quotidien qui domine: comment trouver à se nourrir, passer les nuits dans les moins mauvaises conditions possibles (il pleut beaucoup dans son secteur des Vosges), etc.
plus loin, lors de cette même reconnaissance, il rencontre des chasseurs de l'autre bataillon qui lui proposent du "chenapse"
" Je m'arrête appelle les autres et le rassemblement fut vite fait surtout quand ils sentirent la gniole"
retranscrit avec ponctuation et texte non corrigés.
"6 septembre 1914
(...)
D'où êtes vous reprit-il, de l'Isère lui dis-je.
Vous me paraissez très intelligent de l'Isère de l'Isère cela ne m'étonne plus ils le sont à peu près tous. Tous mes compliments vous pouvez disposer.
Enivré par ces propos flatteurs je me sentais plus léger et descendais d'une allure vive."
(*il était originaire de Monsteroux-Milieu)
Marius n'est pas un sous officier de carrière, il parle de l'aspect militaire mais c'est plutôt le récit du quotidien qui domine: comment trouver à se nourrir, passer les nuits dans les moins mauvaises conditions possibles (il pleut beaucoup dans son secteur des Vosges), etc.
plus loin, lors de cette même reconnaissance, il rencontre des chasseurs de l'autre bataillon qui lui proposent du "chenapse"
" Je m'arrête appelle les autres et le rassemblement fut vite fait surtout quand ils sentirent la gniole"
Poilus, tranches de vies (4)
Carnet de Marius, caporal au 54ème bataillon
de chasseurs, la réserve du 14ème BCP où il a effectué son service
militaire de 1907 à 1909 ( le service était alors de deux ans).
Rappelé lors de la mobilisation du 4 août 1914, il s'embarque par train avec son bataillon dans la gare de St-Michel-de-Maurienne, direction le front.
Le bataillon combat, comme beaucoup de vérinois, au col de la Chipotte. Puis c'est direction le nord, la "course à la mer".
Dans son petit carnet très bien écrit, nous suivons Marius du 23 août au 9 octobre 1914.
Il est alors dans le Pas de Calais, non loin de Lens lorsque le bataillon reçoit l'ordre de venir au secours de la 10ème division de cavalerie.
Pour cette mission de sauvetage réussie, les cavaliers les nommeront le "bataillon d'élite", malheureusement pour Marius, c'est la dernière page de son carnet!
" 9 octobre 1914 Réveillé à 5 heures
je reprends la queue de la casserole pour faire chauffer le café que j'avais eu soin de conserver la veille. On le boit avant de sortir et on part.
(...)"
Le soir, la guerre était finie pour Marius et la section qu'il commandait.
Heureusement pour lui et pour l'histoire, il n'est pas mort ce jour-là. En réalité son journal est un travail de mémoire réalisé en captivité, il a été rédigé en 1915 et non directement dans le vif de l'action.
A lecture, on sent qu'il a eu le temps de réfléchir à son écriture. Quant aux faits et anecdotes, malgré le recul on peut penser qu'ils sont fiables, le carnet est quasi contemporain de l'action.
Le Journal de Marche du bataillon n'existant plus, pour retracer le parcours de ces soldats, il ne reste guère que ce genre de témoignage ou les références dans les journaux de division (les dates et lieux correspondent, ce qui renforce la fiabilité du récit)
il raconte en détail sa capture et le rôle des officiers (ordres contradictoires et surtout absents de la zone du combat).
il est intéressant de noter qu'il a écrit sur un carnet allemand et que figure à la fin, les noms et coordonnées de ses chasseurs (probablement pour garder le contact après guerre).
Rappelé lors de la mobilisation du 4 août 1914, il s'embarque par train avec son bataillon dans la gare de St-Michel-de-Maurienne, direction le front.
Le bataillon combat, comme beaucoup de vérinois, au col de la Chipotte. Puis c'est direction le nord, la "course à la mer".
Dans son petit carnet très bien écrit, nous suivons Marius du 23 août au 9 octobre 1914.
Il est alors dans le Pas de Calais, non loin de Lens lorsque le bataillon reçoit l'ordre de venir au secours de la 10ème division de cavalerie.
Pour cette mission de sauvetage réussie, les cavaliers les nommeront le "bataillon d'élite", malheureusement pour Marius, c'est la dernière page de son carnet!
" 9 octobre 1914 Réveillé à 5 heures
je reprends la queue de la casserole pour faire chauffer le café que j'avais eu soin de conserver la veille. On le boit avant de sortir et on part.
(...)"
Le soir, la guerre était finie pour Marius et la section qu'il commandait.
Heureusement pour lui et pour l'histoire, il n'est pas mort ce jour-là. En réalité son journal est un travail de mémoire réalisé en captivité, il a été rédigé en 1915 et non directement dans le vif de l'action.
A lecture, on sent qu'il a eu le temps de réfléchir à son écriture. Quant aux faits et anecdotes, malgré le recul on peut penser qu'ils sont fiables, le carnet est quasi contemporain de l'action.
Le Journal de Marche du bataillon n'existant plus, pour retracer le parcours de ces soldats, il ne reste guère que ce genre de témoignage ou les références dans les journaux de division (les dates et lieux correspondent, ce qui renforce la fiabilité du récit)
il raconte en détail sa capture et le rôle des officiers (ordres contradictoires et surtout absents de la zone du combat).
il est intéressant de noter qu'il a écrit sur un carnet allemand et que figure à la fin, les noms et coordonnées de ses chasseurs (probablement pour garder le contact après guerre).
Poilus, tranches de vies (3)
Après avoir découvert le parcours d'un paisible vigneron devenu guerrier
le temps d'un conflit, puis le père de famille un brin poète et
contraint de "quitter foyer et travail pour la patrie", voici la jeune
fille, du moins son cahier d'écolière.
Le niveau n'est pas indiqué, d'après les auteurs cités et la maîtrise de la plume, il s'agit probablement d'une classe en fin d'éducation primaire.
Nous n'avons pas encore retrouvé sa date de naissance avec exactitude.
En revanche le cahier est daté: 1914-1915
Si le ton général et les textes choisis laissent peu de doute sur le caractère patriotique de l'institutrice, aucun indice ne permet, dans ces pages, de connaître l'état d'esprit de la fillette.
en voici un court extrait:
"(...)
Belgique
Glorieux enfants de la Belgique
Nous vous donnons un doux baiser,
Nous chantons l'ardeur héroïque
Qu'aux tyrans vous avez opposée
Un roulement d'artillerie
Marquant le pas de ces brigands
Couvre les chants la raillerie
Des demi dieux de Allemands
refrain
Pointez vos canons! Répondez aux brigands
Marchez fièrement
Marchez franchement
Puisque, héros! Vous êtes des géants
(...) "
La Marseillaise des alliés
Téllial, élève de l'école de St Cyr
note: chaque texte est retranscrit dans son jus, nous ne corrigeons pas les fautes, qui restent relativement rares
Dans la documentation accumulée lors de nos recherches, la littérature donnée aux enfants de l'époque est nettement plus patriotique que les textes des soldats eux-mêmes.
Les poilus racontent se battre plus par devoir que par choix. Nous ne retrouvons pas vraiment, à l'écrit, de termes péjoratifs.
"L'allemand" est même rarement cité dans les lettres et les textes. Parfois il est simplement fait question de "l'ennemi" sans l'exaltation que l'on retrouve dans le petit cahier d'école.
Le niveau n'est pas indiqué, d'après les auteurs cités et la maîtrise de la plume, il s'agit probablement d'une classe en fin d'éducation primaire.
Nous n'avons pas encore retrouvé sa date de naissance avec exactitude.
En revanche le cahier est daté: 1914-1915
Si le ton général et les textes choisis laissent peu de doute sur le caractère patriotique de l'institutrice, aucun indice ne permet, dans ces pages, de connaître l'état d'esprit de la fillette.
en voici un court extrait:
"(...)
Belgique
Glorieux enfants de la Belgique
Nous vous donnons un doux baiser,
Nous chantons l'ardeur héroïque
Qu'aux tyrans vous avez opposée
Un roulement d'artillerie
Marquant le pas de ces brigands
Couvre les chants la raillerie
Des demi dieux de Allemands
refrain
Pointez vos canons! Répondez aux brigands
Marchez fièrement
Marchez franchement
Puisque, héros! Vous êtes des géants
(...) "
La Marseillaise des alliés
Téllial, élève de l'école de St Cyr
note: chaque texte est retranscrit dans son jus, nous ne corrigeons pas les fautes, qui restent relativement rares
Dans la documentation accumulée lors de nos recherches, la littérature donnée aux enfants de l'époque est nettement plus patriotique que les textes des soldats eux-mêmes.
Les poilus racontent se battre plus par devoir que par choix. Nous ne retrouvons pas vraiment, à l'écrit, de termes péjoratifs.
"L'allemand" est même rarement cité dans les lettres et les textes. Parfois il est simplement fait question de "l'ennemi" sans l'exaltation que l'on retrouve dans le petit cahier d'école.
Poilus, tranches de vies (2)
" Bien avant que la grande masse se meuve
Pour s'entasser au loin et soutenir l'épreuve
Le long des grandes routes, canaux et voies ferrées
Echelonnés par postes, étaient les G.V.C.
(...)"
Pétrus C, Garde des Voies de Communication en poste à Francheville, Rhône
Petrus était originaire de Vérin. Il a écrit plusieurs pages à la manière d'un poème sur sa guerre de 14. Les lecteurs pourront retrouver la suite de ce précieux témoignage dans l'ouvrage de la commune de Vérin.
Les GVC sont un peu oubliés de nos jours, il s'agissait des hommes à partir d'une quarantaine d'années.
A la mobilisation générale du 4 août 1914, malgré les années de service militaire dans l'active puis la réserve et enfin dans les régiments territoriaux, ils ont été rappelé pour assurer la protection des usines, des lieux stratégiques et des grands axes de communication où circulait le flux vital en soldats et matériels. L'armée craignait des sabotages et préférait consacrer ses troupes fraîches aux premières lignes.
Dans le lexique de 14, qui sera présenté à partir de cet automne, vous retrouverez les GVC assimilés aux soldats territoriaux sous le terme de "pépère".
Ces affectations n'étant toutefois pas sans dangers puisque de nombreux territoriaux et GVC sont reconnus "morts pour la France".
Les témoignages comme celui de Pétrus sont intéressants, ils permettent de montrer d'autres visages de la guerre et les bouleversements dans la vie quotidienne. Le conflit de 14/18 étant souvent symbolisé principalement par le poilu dans sa tranchée de Verdun.
Nous avons maintenant de nombreux documents sur vie quotidienne de Vérin à l'époque, de la réquisition du foin en passant par l'interdiction de la chasse et ses conséquences (un gibier en trop grand nombre qui ravageait les cultures), les demandes de permissions demandées aux institutions pour libérer quelques jours un soldat qui était le seul à savoir faire fonctionner la batteuse, etc.
Bien qu'éloigné du front, Vérin a énormément souffert au quotidien.
Pendant que Pétrus était envoyé en banlieue lyonnaise, des GVC d'autres villages sont venus protéger le tunnel ferroviaire de Vérin.
Une délibération du Conseil municipal a gardé la trace des problèmes posés par l'établissement d'un poste de 6 GVC (Logement et nourriture devant être assurés par la commune)
Pour s'entasser au loin et soutenir l'épreuve
Le long des grandes routes, canaux et voies ferrées
Echelonnés par postes, étaient les G.V.C.
(...)"
Pétrus C, Garde des Voies de Communication en poste à Francheville, Rhône
Petrus était originaire de Vérin. Il a écrit plusieurs pages à la manière d'un poème sur sa guerre de 14. Les lecteurs pourront retrouver la suite de ce précieux témoignage dans l'ouvrage de la commune de Vérin.
Les GVC sont un peu oubliés de nos jours, il s'agissait des hommes à partir d'une quarantaine d'années.
A la mobilisation générale du 4 août 1914, malgré les années de service militaire dans l'active puis la réserve et enfin dans les régiments territoriaux, ils ont été rappelé pour assurer la protection des usines, des lieux stratégiques et des grands axes de communication où circulait le flux vital en soldats et matériels. L'armée craignait des sabotages et préférait consacrer ses troupes fraîches aux premières lignes.
Dans le lexique de 14, qui sera présenté à partir de cet automne, vous retrouverez les GVC assimilés aux soldats territoriaux sous le terme de "pépère".
Ces affectations n'étant toutefois pas sans dangers puisque de nombreux territoriaux et GVC sont reconnus "morts pour la France".
Les témoignages comme celui de Pétrus sont intéressants, ils permettent de montrer d'autres visages de la guerre et les bouleversements dans la vie quotidienne. Le conflit de 14/18 étant souvent symbolisé principalement par le poilu dans sa tranchée de Verdun.
Nous avons maintenant de nombreux documents sur vie quotidienne de Vérin à l'époque, de la réquisition du foin en passant par l'interdiction de la chasse et ses conséquences (un gibier en trop grand nombre qui ravageait les cultures), les demandes de permissions demandées aux institutions pour libérer quelques jours un soldat qui était le seul à savoir faire fonctionner la batteuse, etc.
Bien qu'éloigné du front, Vérin a énormément souffert au quotidien.
Pendant que Pétrus était envoyé en banlieue lyonnaise, des GVC d'autres villages sont venus protéger le tunnel ferroviaire de Vérin.
Une délibération du Conseil municipal a gardé la trace des problèmes posés par l'établissement d'un poste de 6 GVC (Logement et nourriture devant être assurés par la commune)
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